Cet billet fait partie d’une série sur La pensée géopolitique de Sir Halford J. Mackinder
S’efforçant de dresser un tableau du monde utile pour penser ce que les Américains appelaient désormais la Grande stratégie, Mackinder entendait esquisser dans « The Round World and the Winning of the Peace » une « image de la configuration du monde sphérique » en définissant cinq concepts géographiques d’une importance essentielle. Le géographe britannique ne proposait toutefois pas de représentation du monde sous forme de carte, ni même de diagramme du monde. Une explication plausible est toutefois à trouver dans le titre même de l’article qui faisait référence au « monde sphérique » et est à rapprocher de l’argument qu’il développait en 1919, selon lequel ce qu’il voulait représenter ne pouvait être véritablement appréciées que sur un globe.
Mackinder décrivait cinq concepts géographiques essentiels. Tout d’abord, il mettait en exergue « deux unités jumelles », d’une importance tout à fait fondamentale, à savoir le Heartland, et « le Midland Ocean, l’Atlantique nord, ainsi que ses mers bordières et bassins versants » (Mackinder, 1943, 603). Celles-ci étaient entourées par une vaste « ceinture de déserts et d’étendues sauvages » qui s’étendait du Sahara à l’Ouest semi-aride des États-Unis, en passant par les déserts du d’Arabie, d’Iran, du Tibet et de Mongolie, puis la Sibérie centrale et orientale, l’Alaska et le bouclier canadien. Au delà de cette ceinture, il identifiait un « monde extérieur (the Outer World), qui comprenait le Grand Océan, c’est-à-dire le Pacifique, l’Océan Indien et l’Atlantique sud) et leurs pays riverains » (Mackinder, 1943, 603). Autour de l’Atlantique sud, se trouvaient ainsi « les forêts tropicales humides de l’Amérique du Sud et de l’Afrique » (Mackinder, 1943, 605).
Le géographe britannique Peter Taylor a souligné avec pertinence que dans cette représentation du monde, c’était l’Allemagne qui occupait désormais une position centrale (Taylor, 2002, 337). En effet, on doit bien observer que celle-ci est bien au centre de ces deux unités jumelles, dont Mackinder fixait les limites respectivement au Missouri et au fleuve Ienisseï. Mackinder considérait qu’il était souhaitable que l’Allemagne soit contrôlée par « deux forts contrefort de puissance de chaque côté – puissance terrestre à l’Est, dans le Heartland, et puissance maritime à l’Ouest, dans le bassin de l’Atlantique Nord » (Mackinder, 1943, 604). Il élaborait sur ses concepts en décrivant ces deux ensembles. Il faisait désormais coïncider les limites du Heartland avec celui du territoire soviétique à l’Ouest de l’Ienisseï et parlait d’« Heartland russe » (Mackinder, 1943, 599). Il ne manquait pas de souligner que « si l’Union Soviétique sort de cette guerre comme le conquérant de l’Allemagne, elle devra être considérée comme la plus grande puissance terrestre du Monde. De plus, elle sera la puissance qui sera stratégiquement dans la position défensive la plus solide. Le Heartland est la plus grande forteresse naturelle sur terre. Pour la première fois dans l’histoire, elle est occupée par une garnison suffisante tant quantitativement que qualitativement » (Mackinder, 1943, 601). Toutefois se gardait-il soigneusement, dans le contexte de la Grande Alliance, d’insister outre mesure sur la menace potentielle que pourrait représenter l’Union soviétique d’après-guerre. Mackinder décrivait également le bassin du Midland Ocean. dont les trois puissances qui avaient vocation à s’allier après la guerre, avaient chacune un rôle stratégique complémentaire (Mackinder, 1943, 601). Aux États-Unis revenaient un rôle de « défense en profondeur » ; à la Grande-Bretagne, celui d’un « bastion avancé entouré d’eau — un Malte à plus grande échelle » ; la France, quant à elle, celui de « tête de pont défendable », un « rôle non moins essentiel que les deux autres parce que la puissance maritime doit en dernier ressort être amphibie si elle veut contre-balancer la puissance terrestre » (Mackinder, 1943, 601).

Version 1 (Archivée le 9 septembre 2012)
S’efforçant de dresser « un tableau du monde » utile pour pensée ce que les Américains appelaient désormais la « Grande stratégie », Mackinder entendait esquisser dans « The Round World and the Winning of the Peace » une «image de la configuration du monde sphérique » et définissait 5 «concepts géographiques » d’une importance essentielle. Le géographe britannique ne proposait toutefois pas de représentation cartographique, ni même diagramatique, du monde. Une explication plausible est toutefois à trouver dans le titre même de l’article qui faisait référence au «monde sphérique » et est à raprocher de l’argument qu’il développait en 1919, selon lequel ce qu’il voulait représenter ne pouvait être véritablement appréciées que sur un globe.
Mackinder décrivait 5 concepts géographiques essentiels. Tout d’abord, il mettait en exergue « deux unités jumelles », d’une important tout à fait fondamentale, à savoir le Heartland, et « le Midland Ocean, l’Atlantique nord, ainsi que ses mers bordières et bassins versants »[ref] H.J. Mackinder, « The Round World and the Winning of the Peace », p. 603.[/ref]. Celles-ci étaient entourés par une une vaste « ceinture de déserts et d’étendues sauvages” qui s’étendait du Sahara à l’Ouest semi-aride des États-Unis, en passant par les déserts du d’Arabie, d’Iran, du Tibet et de Mongolie, puis le pays de la Léna, l’Alaska et le bouclier canadien. Au delà de cette ceinture, il indentifiait un « monde extérieur (the Outer World), qui comprenait le Grand Océan, qui comprenait le Pacifique, l’Océan Indien et l’Atlantique sud) et leurs pays riverains »[ref]Ibidem, p. 603.[/ref]. Autour de l’Atlantique sud, se trouvaient ainsi « les Forêts tropicales humides de l’Amérique du Sud et de l’Afrique » [ref]Ibidem, p. 603.[/ref].
Mackinder considérait qu’il était souhaitable que l’Allemagne soit contrôlée par «deux forts contrefort de puissance de chaque côté – puissance terrestre à l’Est, dand le Heartland, et puissance maritime à l’Ouest, dans le bassin de l’Atlantique Nord[ref]Ibidem, p. 604.[/ref]..» Il élaborait sur ses concepts en décrivant ces deux ensembles. Il faisait désormais coincider les limites du Heartland avec celui du territoire soviétique à l’Ouest de l’Yenisei et parlait d’« Heartland russe”[ref]Ibidem, p. 599.[/ref].. Il ne manquait pas de souligner que « si l’Union Soviétique sort de cette guerre comme le conquérant de l’Allemagne, elle devra être consirée comme la plus grande puissance terrestre du Monde. De plus, elle sera la puissance qui sera stratégiquement dans la position défensive la plus solide. Le Heartland est la plus grande forteresse naturelle sur terre. Pour la première fois dans l’histoire, elle est occupée par une garnison suffisante tant quantitativement que qualitativement[ref]Ibidem, p. 601.[/ref]. » Toutefois, se gardait-il soigneusement, dans le contexte de la Grande Alliance d’insister outre mesure sur la menace potentielle que pourrait représenter l’Union soviétique après-guerre.
C’était toutefois désormais le Middland Ocean qui occupait une position de centralité. Chacune des trois puissances qui avaient vocations à s’allier après-la guerre, avaient chacune un rôle stratégique complémentaires[ref]Ibidem, p. 601.[/ref]. Les États-Unis échevait un rôle de « défense en profondeur », à la Grande-Bretagne, celui d’un « comme le bastion avancé entouré d’eau — un Malte à plus grande échelle », la France quant à elle, celui de « tête de pont défendable », rôle « non moins essentiel que les deux autres parce que la puissance maritime doit en derner ressort être amphibie is elle veut contre-balancer la puissance terrestre[ref]Ibidem, p. 601.[/ref].